Etude de cas écoconception

Depuis un an, des membres du Collège d’Entreprises BeMed travaillent sur “un cas emblématique d’écoconception, qui regroupe des problématiques concrètes et communes aux différentes entreprises.” L’objectif, au-delà de la prévention de la pollution plastique, est de partager ensemble la démarche d’analyse et les interrogations clés à se poser. La méthodologie en 5 grandes étapes, s’appuie sur une vision prenant en compte l’ensemble du cycle de vie. Elle a été construite avec Jean-François Ghiglione et Carole Charbuillet et est coordonnée par le secrétariat de BeMed et ConsultantSeas.

Retour sur la genèse du groupe de travail : la mobilisation des sciences autour d’une problématique commune

Ce groupe de travail est né de la volonté de faire travailler scientifiques et entreprises ensemble, dans un but commun. Du côté des sciences et de la recherche, le projet implique des chercheurs de laboratoires variés comme LOMIC/CNRS-Sorbonne Université, IRDL, ENSAM, IMSIC. Les expertises mobilisées vont des sciences des polymères aux sciences comportementales en passant par la créativité industrielle et l’éco-conception.  Du côté des entreprises,  les travaux ont permis d’impliquer les équipes des départements RSE, packaging, supply, r&d, écoconception et marketing. L’accompagnement scientifique permet de pousser chaque entreprise à questionner le cas d’étude dans sa globalité.

La méthodologie : 5 étapes pour accompagner la démarche des entreprises

1. Définition de l’objet

Les entreprises membres étant de secteurs différents, principalement cosmétique et agroalimentaire, il a fallu définir dans un premier temps le cas emblématique collectif à partir des problématiques individuelles. Le groupe s’est accordé sur le petit sachet flexible multimatériaux, généralement utilisé pour l’échantillonnage.

2. Diagnostic approfondi

Après avoir décrit le cycle de vie de notre couple produit/emballage, le groupe a identifié de manière précise les caractéristiques techniques du sachet flexible. En effet, chaque membre a essayé de remonter à l’historique de la création de l’emballage en question et s’est renseigné sur les éventuelles études clients menées sur le produit. Ce travail a également permis de se questionner sur son usage et sa raison d’être.

3. Recherche de solutions

Lors de la phase de recherche de solution, les différents niveaux d’éco-innovation ont été abordés : amélioration incrémentale, reconception du produit, innovation fonctionnelle, innovation du système/produit. Pour exploiter la richesse du groupe et des échanges, un sprint d’innovation avec 2 rendez-vous par semaine a été organisé pendant 3 semaines du mois d’avril. Pendant 14h, les participants ont pu échanger autour de deux grandes orientations : “conserver le sachet et réduire son impact environnemental” et “répondre au besoin, sans emballage à usage unique”. Six pistes de solutions concrètes sont ressorties de ces échanges.

Le groupe a notamment cherché à identifier des leviers d’action pour chaque phase de ce cycle de vie (extraction des ressources ; fabrication ; transport ; distribution ; utilisation ; fin de vie). Par exemple, sur la fin de vie, la piste de solution de la biodégradabilité a été largement débattue en termes de désirabilité et de faisabilité. Nous sommes également revenus sur les caractéristiques minimales de notre sachet, à la fois d’un point de vue des propriétés techniques, mais aussi des besoins marketing. Les compromis envisageables (date limite de consommation (DLC), imprimabilité etc.) ont été discutés avec les scientifiques experts en matériaux. Les sciences humaines et sociales ont apporté un regard théorique sur l’efficacité de l’échantillonnage avec la notion de réciprocité (Cialdini) et les limites de son application à notre cas. 

4. & 5. Evaluation comparative & test opérationnel

Pour la phase d’évaluation comparative et de test, les membres ont besoin de s’éloigner de notre cas type et de retourner à leur cas particulier. Les besoins et les spécificités de chacun varient et doivent être pris en compte. Ce n’est pas pour autant que le groupe arrête de travailler ensemble, le collectif peut toujours avoir une forte plus-value. Ce peut être pour que chacun partage ses échecs et ses réussites, mais également pour mutualiser certaines connaissances scientifiques.

“L’envie de concrétiser et d’opérationnaliser ces propositions d’actions sur le terrain est partagée par tous les acteurs avec, au cœur de leur motivation, l’envie d’innover et d’être ambitieux.” Synthèse des interventions du groupe.