La Turquie a adopté, en 2019, un « règlement zéro déchet », qui impose aux communes de mettre en place des systèmes de tri sélectif. Si la commune d’Atasehir fait figure de pionnière en la matière, ayant obtenu un « certificat zéro déchet » pour ses installations, la réglementation nationale met fortement l’accent sur le recyclage (en aval) plutôt que sur la prévention (en amont).
À ce jour, il n’existe aucune réglementation locale interdisant explicitement les plastiques à usage unique dans les établissements publics. Cette initiative vise à combler cette lacune en instaurant une « politique d’établissement sans plastique » contraignante, créant ainsi un exemple pour la gouvernance locale à Istanbul.
Atasehir est un quartier urbain densément peuplé où la vie quotidienne repose fortement sur l’eau en bouteille. Bien que l’eau du robinet municipale soit techniquement potable à la source, une méfiance profondément ancrée du public à l’égard des canalisations des bâtiments et du goût de l’eau pousse la population à privilégier les bouteilles en PET à usage unique.
« Refill Atasehir » est une initiative de prévention à la source visant à éliminer la dépendance au plastique à usage unique dans un quartier urbain densément peuplé. Conscient que les déchets plastiques non gérés à Atasehir contribuent à la pollution de la mer de Marmara par le biais des eaux de ruissellement urbaines, le projet s’attaque à la racine du problème : les habitudes de consommation.
L’initiative repose sur deux piliers stratégiques :
En remplaçant la culture du « jetable » par une norme de « remplissage » des bouteilles d’eau, le projet vise à empêcher les bouteilles en PET d’entrer dans le flux des déchets, offrant ainsi un modèle réplicable et peu coûteux aux communes non côtières engagées dans la protection de la Méditerranée.